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Quand on a la musique dans le sang

Mick Jagger est une légende du rock. Le musicien et chanteur du groupe mythique britannique The Rolling Stones est aussi un des artistes les plus prestigieux de la maison de disques EMI. Et l’un des premiers à avoir salué le rachat par Vivendi et Universal Music Group (UMG) de l’activité de musique enregistrée d’EMI en novembre dernier. « C’est une excellente nouvelle, a-t-il déclaré à la presse, et je me réjouis tout particulièrement qu’EMI soit à nouveau détenu par des personnes qui ont réellement la musique dans le sang. »

EMI, véritable institution étroitement associée aux Pink Floyds, aux Beatles, aux studios d’Abbey Road, mais aussi à Maria Callas et à Miles Davis, se trouvait en effet aux mains de Citigroup. Une banque qui n’avait pas vocation à être propriétaire d’une telle entreprise et avait récupéré EMI à la suite du défaut de paiement d’un fonds d’investissement qui en avait le contrôle depuis 2007.

On comprend dès lors la satisfaction de Mick Jagger de voir sa maison de disques entrer dans le giron d’UMG dont le PDG, Lucian Grainge, Britannique comme lui et comme l’entreprise EMI elle-même, a baigné pendant toute son adolescence dans la culture et la musique de ces artistes légendaires.

Le rachat annoncé se fait pour un montant total de 1,2 milliard de livres sterling représentant 5x l’EBITDA après synergies. Vivendi financera cette opération par tirage sur ses lignes de crédit existantes et par la cession de 500 millions d’euros d’actifs non stratégiques d’UMG. Les synergies représenteront plus de 100 millions de livres sterling, essentiellement réalisées sur les frais généraux. L’opération doit être à présent validée par les autorités de la concurrence de plusieurs pays et continents.

Peu de temps après cette annonce, Lucian Grainge a eu l’occasion de rencontrer la communauté des analystes et investisseurs institutionnels pour leur présenter l’accord, et aussi l’évolution du marché de la musique. Un certain nombre de signes positifs s’y observe, après plusieurs années très difficiles, et notamment l’amorce d’une inflexion des tendances sur le marché américain. Les résultats d’UMG au troisième trimestre 2011 ont confirmé le rebond constaté au trimestre précédent.

Les ventes physiques continuent à décliner, de manière cependant moins importante. Le piratage demeure une préoccupation forte, mais les mentalités évoluent dans l’esprit des législateurs comme d’un nombre croissant de consommateurs. La part de la distribution numérique, dans le même temps, est en croissance significative, avec un développement des ventes via Internet et de services par abonnement.

Il est en tout cas une conviction dont Lucian Grainge et ses équipes ne se sont jamais départis dans les moments difficiles que traverse l’industrie de la musique : celle d’investir encore et toujours dans les talents et la création. Mick Jagger s’en est bien souvenu.

 
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